Dimanche 25 novembre 2007

Plusieurs communes du Val d'Oise ont été le théâtre de violentes échauffourées la nuit dernière.
Des voitures ont été incendiées, un garage, brûlé, et un poste de police, détruit. Bilan : 25 policiers et un pompier ont été blessés. Il y a eu huit interpellations. Tout a commencé dimanche
après-midi après le mort de deux adolescents de 15 et 16 ans à Villiers-le-Bel. La mini-moto sur laquelle ils circulaient a été percutée à un carrefour par une voiture de police. Course poursuite
ou accident banal de la circulation ? Les deux versions s'affrontent.
Scènes d'apocalypse
La mort de deux adolescents, dimanche (25 novembre) après-midi à Villiers-le-Bel, a donc provoqué des violences dans plusieurs communes du Val-d'Oise. Vingt-huit voitures et
une vingtaine de poubelles ont été brûlés. Le poste de police de la ville et deux garages ont été incendiés ; des magasins, détruits et pillés. Bilan de ces échaufourées : 25 policiers et un
sapeur-pompier ont été blessés, dont deux policiers gravement. Un commissaire de police a été victime d'une fracture du nez et des côtes. Huit personnes ont été interpellées. Le calme est revenu
vers 1 heure du matin.
C'est aux alentours de 17 heures dimanche qu'un véhicule de police a percuté les deux jeunes, Mouzine et Larami, âgés de 15 et 16 ans alors qu'ils se trouvaient sur une petite motocross. Ils
n'auraient pas porté de casques, selon plusieurs témoignages. Les jeunes sont morts sur le coup. Selon une source syndicale policière, les adolescents n'ont pas respecté la priorité. La voiture
était "en patrouille (dans) la circonscription de Sarcelles et roulait à vitesse réglementaire, sans gyrophare". Peu après 17h00, "en traversant le carrefour elle a été heurtée par la moto sur
l'aile gauche et les deux jeunes sont décédés sur place".
Une version contestée par certains témoins de la scène et les proches des victimes. Selon eux un simple refus de priorité ne pouvait pas avoir de telles conséquences. Ils en tiennent pour preuve
l'état du véhicule de la police. Une voiture totalement enfoncée sur l'avant, le capot ouvert, les airbag sortis, les pare-chocs en morceaux, le pare-brise complétement cassé. Comme si le choc
avait été frontal. D'autre part, certains habitants montrent du doigt le comportement des policiers qui n'auraient pas secourus les deux adolescents.
Un commissaire avait été violemment frappé peu après la collision mortelle.
Défaut de surveillance
L'enquête, confiée à l'inspection générale de la police nationale (IGPN), ne fait que débuter. Fait surprenant : le lieu de l'accident est resté sans surveillance policière
pendant plus de sept heures après le choc. Des centaines de personnes ont observé, touché, et même parfois déplacé certains morceaux du véhicule accidenté, comme s'il s'agissait pour le coup d'un
banal accident de la circulation.
Ce sont finalement les jeunes du coin qui, aux alentours de minuit, ont mis en place des barrières pour attendre et organiser l'arrivée de la Police scientifique. Une Police scientifique qui a
fait ses premières constatations sur les lieux de l'accident plus de huit heures après le choc.
Sur RTL, le maire socialiste de Villiers-le-Bel Didier Vaillant a appelé au calme. "Je demande que cette enquête soit impartiale, qu'elle puisse se réaliser dans les meilleurs délais pour que
toute lumière soit faite sur les circonstances de cette collision", a-t-il expliqué.
Pour le Premier secrétaire du PS, ces incidents "traduisent une crise sociale et politique". François Hollande a demande que "le gouvernement soit extrêmement clair sur les conditions de
déroulement de l'accident".
Brice Dugénie
Source : RTL.fr