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Vendredi 21 mars 2008
Après les récentes violences contre les forces de l'ordre à Villiers-le-Bel et à Grigny où des policiers ont été blessés par des tirs de plomb, la direction de la police nationale a présenté vendredi matin les nouveaux équipements dont vont bénéficier les policiers pour être mieux protégés et plus efficaces dans ces situations.

Casques, lunettes, boucliers et nouvelles armes "à létalité réduite"... La police nationale a présenté vendredi matin à Paris de nouveaux équipements plus adaptés aux violences et notamment aux tirs auxquels les policiers ont dû faire face récemment. A Villiers-le-Bel (Val d'Oise) en novembre dernier, 150 policiers avaient été blessés, dont la plupart par des tirs de plombs. Même scénario lors d'un guet-apens au début du mois à Grigny (Essonne) où 5 policiers ont été touchés.

Face à cela, la police nationale a décidé de faire évoluer les équipements des fonctionnaires.  Un bouclier balistique souple est actuellement en cours d'expérimentation. Il peut se replier et protège les fonctionnaires contre des tirs d'armes de poing, de carabine ou de fusil de chasse. Un nouveau casque pare-balles et des lunettes de protection resistantes aux tirs de plombs vont également bientôt faire partie de l'équipement des policiers sur le terrain. 

Les forces de l'ordre devraient par ailleurs à terme remplacer les actuels flash-balls par une nouvelle arme "à létalité réduite", précise la police. Il s'agit d'un lanceur qui tire des projectiles de 40 mm, des balles de défense en caoutchou permettant de neutraliser un individu à distance, de manière beaucoup plus précise qu'un flash-ball, grâce à une visée électronique. 300 de ces nouveaux lanceurs sont actuellement expérimentés sur le terrain. 

Les responsables de la police parlent désormais d'armes "à létalité réduite" (pistolet à impulsion électrique, lanceur de 40 mm) car selon eux, "le risque zéro n'existe pas", même si jusqu'à présent en France, aucun décès n'a été causé par l'utilisation de ces armes.

Guillaume Biet
Source : Europe1
Par Croco - Publié dans : Actu - Communauté : Police Nationale
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Vendredi 21 mars 2008

Par Croco - Publié dans : Actu
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Mercredi 19 mars 2008
Heureusement que la radio police fonctionne, car les médias ne semble pas très intéressé par l'affaire...

Strasbourg (67), Route du Rhin le 10/02/2008 à 05h45, un refus d'obtempérer se solde par une collision entre une Mercedes et un Trafic de la police.

Une jeune gardien de la paix stagiaire de 22 ans à été éjectée par la fenêtre arrière gauche. Gravement blessée, elle est toujours hospitalisée pour multiples fractures du bassin, des jambes et contusions.

Les deux autres collègues sont très choqués mais indemnes, ils étaient ceinturés.

Le conducteur de la Mercedes était en état d'ivresse et circulait sans permis de conduire.


Par Croco - Publié dans : Actu - Communauté : Police Nationale
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Lundi 3 mars 2008
"On a voulu tuer du flic", résume Patrick Calvet, secrétaire régional du syndicat de police Alliance. Pour LCI.fr il revient sur les circonstances dans lesquelles cinq policiers ont été agressés dimanche après-midi à Grigny, dans l'Essonne, dans le quartier réputé sensible de la Grande-Borne. "Six personnes cagoulées s'en sont pris en milieu d'après-midi à la boulangerie Le Fournil. Ces individus ont répandu de l'essence sur le sol et demandé aux employés de "dégager" car ils allaient mettre le feu. Nos collègues ont été alertés par une employée et des riverains. Huit d'entre eux patrouillaient non loin et sont rapidement intervenus sur les lieux. A leur arrivée, les braqueurs ont pris la fuite, mais quelques instants plus tard, ils sont revenus... à trente! Pendant près d'une demi-heure, les policiers ont essuyé jets de pierres et de cocktails Molotov. Deux individus ont également sorti un fusil à pompe et un fusil de chasse et ont tiré volontairement en direction des policiers".

Deux d'entre eux ont été touchés par des volées de plomb, l'un à la cuisse, l'autre au visage. L'un d'entre eux, conduit à l'hôpital, est ressorti lundi après-midi. Trois autres policiers ont été légèrement blessés par des jets de projectiles. Malgré l'intervention rapide des renforts pour les sortir de ce guêpier, "tous sont choqués", note Patrick Calvet. "Quand on part sur une intervention de cette nature, on ne s'attend pas à être reçu à coups de fusils".

"On les retrouvera"
 
Pour Alliance, il ne fait aucun doute qu'il s'agissait d'un guet-apens "L'attaque de la boulangerie n'était qu'un prétexte. Autrement, comment expliquez-vous que les trente gars étaient déjà là, cagoulés ou encapuchonnés, munis de cocktails Molotov et de pierres déjà prêts à être lancés, sans parler des fusils chargés au plomb ! Tout était préparé pour casser du flic. Et quand nos collègues tombaient à terre, ils riaient. Ils étaient contents".
 
Quant aux raisons de cette soudaine flambée de violence : "on ne les connaît pas encore, explique Patrick Calvet. Peut-être que certaines arrestations récentes n'ont pas plu. Depuis les événements de  Villiers-le-Bel, il y a des tensions qui restent". Une enquête est en cours pour remonter jusqu'aux auteurs de ces nouvelles violences contre des policiers. "Il n'y a pas encore eu d'interpellation mais on les retrouvera, insiste Patrick Calvet, qui tient à saluer "le sang-froid de ses collègues qui, malgré les circonstances, n'ont pas riposté aux tirs". La tension était retombée dimanche en fin d'après-midi à Grigny. Lundi, le dispositif de sécurité renforcé a été levé.

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a exprimé "son indignation" et "dénoncé la lâcheté de tels actes". Le syndicat de police Synergie Officiers a, pour sa part, exprimé "son indignation après les violences et la tentative d'assassinat dont les policiers ont été victimes dimanche 2 mars" et réitère "sa volonté de voir réprimer avec la plus grande fermeté ces actes ignominieux qui, faute de réponse judiciaire adaptée, se banaliseront rapidement".

Alexandra GUILLET
Source : LCI.fr
Par Croco - Publié dans : Actu - Communauté : Police Nationale
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Jeudi 28 février 2008
Un policier de 42 ans, violemment percuté par une voiture mardi à Istres (Bouches-du-Rhône), alors qu'il procédait à un contrôle routier de vitesse à hauteur d'un rond-point, est décédé mercredi à l'hôpital Nord de Marseille où il avait été transporté, a-t-on appris de source judiciaire.

Le brigadier major Yvan Llopis, marié et père de trois enfants, était dans le coma depuis l'accident. Il a été fauché par un conducteur âgé de 36 ans dont l'alcoolémie s'est révélée négative. Il n'était pas non plus sous l'empire de stupéfiants.

Le chauffard a dans l'intervalle, avant le décès du policier, été mis en examen par un juge d'instruction d'Aix-en-Provence pour "blessures involontaires". Il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Il devrait l'être désormais de manière supplétive pour "homicide involontaire".

Dans un communiqué, la ministre de l'intérieur Michèle Alliot-Marie a "fait part de sa très vive émotion". Elle a présenté "ses sincères condoléances" à la famille et aux proches de la victime.

Source : Nouvelobs
Par Croco - Publié dans : Actu - Communauté : Police Nationale
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Mercredi 27 février 2008
Par Croco - Publié dans : Humour
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Vendredi 8 février 2008
Pression hiérarchique, problème personnel ? La plupart se sont donnés la mort avec leur arme de service. 57 psychologues tentent d'épauler les policiers au quotidien.

Mardi, à Dunkerque, un gardien de la paix était retrouvé mort par arme à feu dans sa voiture. Suicide. Le lendemain, à Lens, un policier succombait à ses blessures. Il avait tenté de mettre fin à ses jours le 21 janvier. Quelques jours plus tôt, à Aix-en-Provence, une jeune brigadière a tenté de se donner la mort en ingurgitant des médicaments sur son lieu de travail. Le 27 janvier, c'est une adjointe de sécurité de 23 ans qui a sauté du 10e étage, à Aubervilliers, son enfant de deux ans serré dans les bras. Mais il y a aussi eu Tours, Orléans, Paris... Depuis le premier janvier, neuf policiers se sont suicidés, contre cinq à la même époque l'an dernier. Au moins une dizaine d'autres auraient essayé. Agent administratifs, commandant, gardien de la paix ou brigadier... peu importe le grade ou la fonction. En 2007 et 2006, la police a déploré près d'un suicide par semaine.

Un métier émotionnellement très difficile
 
"Ces chiffres ne sont pas supérieurs à la moyenne nationale" relativise l'Unsa-Police dans un communiqué. Mais ils choquent plus car l'utilisation d'une arme est toujours plus spectaculaire. Toutefois, le syndicat s'interroge "sur l'augmentation de la pression hiérarchique liée à l'instauration de quotas d'interpellations ou de contraventions". Bruno Beschizza, patron de Synergie officiers, deuxième syndicat d'officiers de police, est plus nuancé. "La faute à la hiérarchie? La faute à des problèmes personnels ? Tout est étroitement imbriqué quand on fait ce métier émotionnellement très difficile". "On ne se met pas une balle dans le crâne pour une augmentation de salaire, confirme un peu abruptement Brigitte Carré de Lasançay, commandant de police à Tours, où un policer s'est tué en janvier et deux autres ont fait une tentative. "Quand dans la même journée un gardien de la paix se fait insulter, va récupérer un cadavre, et entend un enfant violé, ce n'est pas neutre", poursuit-elle. Il faut être fort psychologiquement. Si le policier va bien, il n'y a pas de problème, mais sinon, c'est très difficile. Le problème majeur est qu'il a tout ce qu'il faut à porter de main pour passer à l'acte".

Jean-claude Delage, du syndicat Alliance Police, lui non plus ne croit pas que ces suicides soient liés au métier. "Qu'une réflexion de la hiérarchie soit la goutte d'eau qui fasse déborder le vase, ça c'est de l'ordre du possible". Ce qui est certain, en revanche, pour lui aussi, c'est qu'il faut être psychologiquement fort. "Il faudrait  mieux accès dans le recrutement sur les difficultés bien particulières de notre métier comme l'éloignement de la famille. Les aider à être forts, ce serait aussi leur donner un salaire et des conditions de vie acceptables. Un jeune policier gagne le SMIC à 200 euros près", rappelle-t-il.

Une structure interne pour soigner les bleus à l'âme
 
Tous les syndicats interrogés sont unanimes sur un point : des efforts indéniables sont faits au sein de l'institution pour casser le tabou sur la question du suicide et apporter de l'aide concrète aux fonctionnaires de police. "Le suicide est un acte excessivement grave", explique Eliane Theillaumas. Cette psychologue dirige le service de soutien psychologique opérationnel (SSPO), créé en 1996, à la suite d'une vague de suicides dans les rangs de la police. Son service compte aujourd'hui 57 psychologues dispatchés en métropole et outre-mer. En 2007, ils ont reçu 28 500 appels (+10,5 % par rapport à 2006) et procédé à 15140 consultations (+16%). "L'augmentation de ces chiffres ne signifie pas forcément que les policiers vont plus mal, temporise la directrice du SSPO. Cela signifie aussi que notre service est de plus en plus connu".

Et ce qui inquiète Eliane Theillaumas aujourd'hui, ce n'est pas le nombre de suicides qu'il il y a eu ces dernières semaines, mais "l'excès de médiatisation qui est fait autour". "Ce n'est jamais bon, les fonctionnaires de police portent tous l'uniforme et il peut y avoir des effets miroirs, des identifications de situation très préjudiciables". En clair, d'autres policiers dans une situation fragile pourraient s'identifier à leurs collègues morts et passer à l'acte.
 
Des jeunes mal préparés à la dureté du métier

Quant aux raisons qui poussent ces gens à passer à l'acte : "on a très peu de lettres laissées à titre posthume", explique Eliane Theillaumas et la plupart des personnes ayant mis fin à leurs jours en 2007 étaient inconnues du SSPO. Parmi les personnes qui consultent figurent de nombreuses jeunes recrues. "Les jeunes sont parfois confrontés à des situations qu'ils n'imaginaient pas en entrant dans ce corps. Certains ont peut-être aussi une tolérance moindre à l'autorité  hiérarchique et à la frustration". Depuis septembre 2004, une politique de prévention des suicides a été engagée. Dans tous les services de police sont ainsi régulièrement organisés des groupes de parole où la question du suicide est clairement abordée.

Une étude a, en effet, montré que la proximité d'une arme multipliait par 9 le risque suicidaire. En 2007, 60% des fonctionnaires de police qui se sont donnés la mort l'on fait avec leur arme de service. Et que se passe-t-il quand un policier évoque l'envie d'en finir lors d'un entretien ? "Nous ne rendons jamais compte de nos entretiens aux supérieurs hiérarchiques, explique Eliane Theillaumas. Mais si nous sentons un risque de passage à l'acte chez cet individu, nous l'informons alors que nous allons saisir un médecin de l'institution ou son chef de service afin qu'il soit désarmé".

Alexandra GUILLET
Source : LCI.fr 
Par Croco - Publié dans : Actu - Communauté : Police Nationale
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Mardi 8 janvier 2008
Et de deux... C'est un simple papier diront certains, cependant il est la preuve irréfutable que la hiérarchie à porter de l'attention à mon travail. Ce témoignage me touche particulièrement car il découle directement de ma vigilence.

Je pense aussi aux collègues qui ont permis de gérer cette affaire. Je ne compte pas m'arreter là.
Par Croco - Publié dans : Carrière
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Vendredi 4 janvier 2008
Lunettes et boucliers de protection, flash-ball plus puissants : les policiers en charge de la lutte contre les violences urbaines vont recevoir de nouveaux équipements en 2008.

"Un cap a été franchi", "nous sommes passés au stade de la guérilla urbaine". Au lendemain des émeutes de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), au cours desquelles des armes à feu ont été utilisées contre les forces de l'ordre, le constat des syndicats de police était unanime. La Direction de l'administration de la police (DAPN) n'est pas restée sourde face à ces inquiétudes et a décidé d'accélérer la mise à disposition des policiers de nouveaux moyens, comme l'indique Le Monde daté de vendredi.
 
Ainsi, les CRS et les compagnies d'intervention vont être équipé de lunettes efficaces contre les jets de pierre. Ils recevront également des "boucliers balistiques" qui sont "très maniables et entièrement nouveaux, résistants aux chevrotines", a précisé la DAPN jeudi. "Soixante de ces boucliers sont actuellement testés dans certaines compagnies d'intervention, et 300 ont été commandés avec, pour objectif d'équiper à terme 2 300 policiers", a-t-on ajouté de même source. Par ailleurs, des "gilets tactiques" qui sont encore "à concevoir" devraient équiper CRS et compagnies d'intervention "en 2008-2009", pour supporter tout  l'équipement nécessaire au maintien de l'ordre.

Une "nécessité" en attendant une solution "sociale"
 
En outre, après la décision prise en 2007 de "développer les armes non létales, une nouvelle génération de flash-ball 'lanceur 40' (calibre 40 mm) va leur être fournie". D'une portée de 50 mètres (contre à peine dix actuellement), ils "sont également très précis jusqu'à une vingtaine de mètres", selon la DAPN.  A la fin de 2007, "3,5 millions d'euros d'équipements divers ont déjà été achetés",  a-t-elle ajouté.

Pour le syndicat de police Synergie Officiers, "ces mesures de renfort, qui étaient prévues dans la nouvelle Lopsi, sont une nécessité". "En attendant que les politiques trouvent des solutions sur le plan social avec les banlieues, nous savons que la tendance va être à la multiplication des épisodes comme celui de Villiers-le-Bel, précise Patrice Ribeiro, n° 2 du syndicat. Ce n'est pas la peine de se le cacher. Alors, autant être prêts à les aborder avec les matériels adéquats". 


Alexandra GUILLET (avec agence)
Source : LCI.fr
Par Croco - Publié dans : Actu - Communauté : Police Nationale
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Jeudi 20 décembre 2007
Un texte de Thomas, un collègue qui à son propre blog. undefined

Ca commence par l'effet de surprise, puis le dégoût, et enfin - quand ce n'est tout simplement pas un rire jaune - un regard frippé et accusateur vous jette un "Comment tu fais pour faire un métier aussi anti-social ? Moi je ne supporterai pas d'être contre les gens toute la journée." J'avais 20 ans, deux minutes de police à mon actif, et commençais à comprendre, que désormais, le regard des autres allait définitivement changer à mon égard. Un regard que mon père, lui-même flic, a dû supporter bien avant moi. Un regard qui précède en règle générale une anecdote piquante et pseudo-croustillante sur "Gégé, qu'a reçu une amende alors que c'était pas sa faute et qu'il en avait pour cinq minutes". J'étais devenu flic, donc anti-gens, voilà une première réflection qui m'avait laissé coi...

Plus tard, comme sûrement d'autres flics en devenir, alors que j'aimais bien les nouveaux contacts, je me surprenais à les appréhender, à attendre que la question type "et toi tu fais quoi dans la vie ?" soit jetée en pâture au milieu d'une tablée de convives - pas tous idiots heureusement - et ne me révèle leur vraie nature, parfois décevante. Je me retrouvais alors propulsé au centre de répliques de mauvais goût, prêt à recevoir des tomates pourries. Je devenais le type qui n'a plus le droit de prendre un verre sans se faire taper le coude, ou celui qui ne peut plus parler sans que ses interlocuteurs hors-sujètisent en prunes ou autres bavures grotesques. On attend les questions intelligentes qui ne viennent que rarement ou jamais, puis que le sujet s'épuise, et à la fin, vous allez dans le sens des autres en niaisant pour avoir la paix. Avec le temps, on ne fait plus attention, une carapace vous recouvre tout entier, et on ne sait plus qu'une chose à ce sujet, seul un flic peut comprendre un flic.

Flic, c'est 24h/24. On laisse l'uniforme au vestiaire, mais passé le temps à rechercher le mal tous azimuts pendant des heures, on continue de le faire sur la route qui mène à la maison, puis de la maison au commissariat, puis,... tout le temps ; avec parfois le sentiment d'en faire pâtir son entourage, en les persuadant de faire attention à ceci, à cela, de ne pas fréquenter tel ou tel endroit à telle ou telle heure. Au début, vous racontez avec une certaine jovialité vos premières interventions, puis en accumulant les horreurs dans votre tête, vous préférez les garder pour vous, en vous promettant de ne jamais reproduire ce que vous avez vu, à la maison. Les collèèèèègues, comme on dit, avec qui vous partagez du stress, des fous rires, plus rarement des larmes, et que vous avez parfois entendu crier au secours à la radio, deviennent un peu votre deuxième famille ; ceux qui ne ressentent pas cela n'ont pas mis un peu de leur âme dans ce boulot.

Flic, on le devient, bon ou mauvais. A l'entretien du concours, je me rappelle avoir dit au jury que je voulais voir la réalité du terrain en face. Depuis j'ai été servi, je ne suis plus le même qu'avant, c'est sûr. Alors à ceux qui disent que flic c'est être anti-social, je dirai simplement qu'ils n'ont peut-être jamais parler à des femmes battues ou violées, à des mineurs violents sans scrupules et sans avenir, des personnes ancrées dans leur misère et leur solitude. Ils ne se sont jamais retrouvés des heures durant avec des inconnus à quelques minutes du suicide, ils n'ont jamais eu à mettre des corps humains oubliés, puants et raidis par le temps dans des bâches en plastique.

A ceux qui disent que l'on est bon qu'à mettre des prunes, que l'on est jamais là où il faut, je penserai qu'ils n'ont jamais eu à contrôler des véhicules volés de nuit, à rentrer arme au poing dans des locaux en cours de cambriolage, à se recroqueviller derrière une voiture ou des boucliers pour éviter des projectiles, ils n'ont jamais été encerclés par une foule haineuse prête à en découdre, ils n'ont jamais reçu des victimes en pleurs tabassées, menaçées, racketées, humiliées ; ils n'ont jamais été la seule (ou dernière) réponse dans des quartiers dévastés par la délinquance où ils n'ont d'ailleurs jamais mis les pieds.

Les contrevenants mécontents vous répliquent que vous n'êtes pas dans les cités à chasser les voleurs. Dans les cités, on vous accuse d'en vouloir à la jeunesse en faisant de l'amalgame parfois raciste, et lorsque vous contrôlez certaines personnes on vous sert des "Est-ce que j'ai une tête de délinquant ? Vous voyez bien que je ne suis pas un criminel !", à cela on demande à quoi est donc sensé ressembler un délinquant ou un criminel ?

Flic, je ne sais pas ce qui m'attend dans la journée, quel luxe ! Notre métier reste un mystère pour tant de monde. J'ai la chance d'en connaître les coulisses, pour le meilleur, souvent pour le pire. Parfois, ce boulot me torture, entre erreurs, malaises, impuissance et les bonnes affaires, le sentiment d'avoir apporter de l'aide et d'en voir immédiatement les effets. Si c'était à refaire, je signerai de nouveau.

Source : Thomas quefaitlapolice.blogspot.com
Par Croco - Publié dans : Info police
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